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CEDILLE RECORDS: CDR 90000 068
LES CONCERTOS POUR VIOLON DE BRAHMS ET JOACHIM
RACHEL BARTON, VIOLON
CARLOS KALMAR, CHEF D'ORCHESTRE
CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA

NOTE PERSONNELLE
Par Rachel Barton

J'ai été fascinée par le Concerto de Brahms depuis mes premières leçons de violon. J'ai commencé à l'étudier lorsque j'avais 14 ans et il est vite devenu un des piliers de mon répertoire. C'est avec ce Concerto que j'ai gagné plusieurs de mes Prix internationaux et accompli plusieurs de mes débuts en Europe et en Amérique. Il reste un de mes morceaux favoris.

Je suis intriguée par le Concerto "Hongrois" de Joachim depuis plusieurs années. Lorsque j'ai commencé à l'étudier de façon approfondie, il m'est apparue que ce Concerto me convenait parfaitement, notamment grâce à la relation étroite que deux de mes professeurs entretiennent avec cette musique. L'un de mes professeurs de Chicago, Roland Vamos, partage avec Joachim le même héritage juif hongrois. Pendant sa jeunesse, il accompagnait souvent son père dans les cabarets du quartier hongrois de New York pour écouter de la musique tzigane. Il subvenait même à ses besoins pendant les années universitaires en jouant des airs tziganes de table en table. Ses connaissances stylistiques étaient pour moi une ressource inestimable. Mon professeur à Berlin, Werner Scholtz, fut un étudiant de Gustav Havemann, qui fit lui même ses études avec Joachim. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir améliorer mes connaissances, à la fois sur le Concerto de Joachim et sur celui de Brahms, grâce à une personne si proche de la source originelle. Mon étude du Concerto de Brahms s'est également enrichie de la lecture des Essais de Joachim dans son "Ecole du Violon", dans lequel il donne son sentiment sur la façon dont le concerto doit être interprété.

La longue amitié de Brahms et Joachim a beaucoup apporté à leur musique et à leur vie, de même qu'elle a nourrie l'interprétation de cet enregistrement. Quand j'ai débuté avec le Chicago Symphony Orchestra à l'âge de dix ans, j'ai exulté lors d'une interview télévisée : "le Chicago Symphony Orchestra n'est pas comme n'importe quel orchestre ordinaire, c'est un grand, immense, super orchestre !". Durant les dix huit années et les nombreuses représentations en soliste qui ont suivi, j'ai connu personnellement de nombreux membres de cet orchestre. Et les répétiteurs, les mentors et les professeurs de ma jeune adolescence sont devenus des partenaires de musique de chambre, des collègues et des amis. Notre expérience de travail en commun ajoute une dimension spéciale à la musique à chaque fois que nous travaillons ensemble.

J'ai rencontré pour la première fois le Maestro Carlos Kalmar quelques temps avant cet enregistrement à l'occasion de notre travail sur le Concerto "Hongrois" de Joachim lors des concerts avec le Grand Park Orchestra de Chicago. C'est un musicien stupéfiant et inspiré, doublé d'une personnalité chaleureuse. Je lui serai toujours reconnaissante pour sa compétence musicale, son humour et son énergie durant ces deux jours d'enregistrement marathon. Il est devenu mon âme sœur musicale et un ami très cher.

Je suis très heureuse de pouvoir partager avec vous ces deux concertos merveilleux.

LES CONCERTOS POUR VIOLON DE BRAHMS ET JOACHIM
Notes par Rachel Barton

Cet enregistrement est le premier à réunir le Concerto pour Violon de Brahms et le Concerto "Hongrois" de Joachim, invitant à explorer la relation étroite entre Joseph Joachim et Johannes Brahms. Quand ils se rencontrèrent en 1853, Joachim, âgé de vingt et un ans, était déjà compositeur et un virtuose du violon reconnu. Le très doué Brahms, de deux ans son cadet, était pratiquement inconnu. Ils devinrent rapidement de proches amis et entamèrent un échange musical qui allait durer toute leur vie.

Brahms et Joachim se mesuraient l'un à l'autre en permanence, échangeant des exercices de contrepoint dans leur correspondance. En 1853, ils occupaient la même chambre à Gottingen, et Brahms commença à étudier l'orchestration avec Joachim. Joachim servit de mentor à Brahms, le présentant à Schumann et à d'autres musiciens contemporains de renom. Brahms pourtant avare de compliments, louait en permanence les compositions de Joachim. Il écrivit le 16 Février 1855 à son ami : " personne n'a jamais manié la plume de Beethoven avec tant de force.... J'aimerais que vous réalisiez, ne serait-ce que la moitié, combien vos travaux m'absorbent...". Dans une autre lettre, il écrivit : " il y a plus dans Joachim que dans l'ensemble des autres compositeurs réunis". Brahms considérait Joachim plus talentueux que lui même et l'a toujours encouragé - en privé comme en public - à se consacrer plus pleinement à la composition.

En 1854, Joachim avait déjà réalisé des progrès significatifs sur son second concerto pour violon, Op 11, "dans le style hongrois". Il mettra presque six ans à finaliser ce qui deviendra son oeuvre la plus célèbre et la plus importante. Il la dédia à Brahms et donna la première à Hanovre en 1860. Brahms dirigea Joachim dans plusieurs représentations du Concerto "Hongrois", et encouragea ses amis à le jouer fréquemment. De nombreux critiques contemporains le considéraient comme une des oeuvres majeures jamais écrites pour le violon. Une critique d'Eduard Hanslick dans le Die Frei Presse de Vienne, le 11 mars 1863, le décrit comme "... un poème musical plein d'âme et d'esprit, d'énergie et de tendresse". En 1894, The Strad le déclare "... un des chef-d'œuvres majeurs pour violon de tous les temps". Et au XXème siècle, le célèbre pédagogue pour violon Karl Flesch (1873-1944) déclara dans ses Mémoires que le Concerto "Hongrois " marque l'apogée dans notre littérature ... la création la plus remarquable qu'un violoniste n'ait jamais écrite pour son propre instrument".

Le Concerto "Hongrois" se démarquait de façon significative des autres concertos contemporains qui mettaient l'accent sur l'aspect technique au détriment d'un contenu musical plus profond. Joachim désapprouvait les envolées élaborées car il pensait que " la musique est la plus pure expression des sentiments; et que ce qui est superficiel, peu naturel ou trop conscient lui est étranger". Fidèle à ses croyances, chaque note du Concerto "Hongrois" est au service de ce but supérieur. Aucun passage, si difficile qu'il soit, n'est inséré simplement à des fins d'effet. Il n'est jamais permis au soliste de triompher aux dépends de ses collègues.

Néanmoins, Joachim réussit à écrire ce qui a été décrit comme l'œuvre la plus difficile du répertoire. Célèbre pour ses mains larges et sa vigueur remarquable, Joachim ne prêtait que peu d'attention aux difficultés que représentaient les larges accords qui étirent, tordent la main gauche et défient le coude pour réussir à produire un son plein et soutenu. Jouer le Concerto "Hongrois", c'est comme s'entraîner à courrir un marathon. D'ailleurs, avec plus de quarante sept minutes, le Concerto a été appelé " l'exemple le plus long de la forme classique parfaite " (Frederic Emery, "Le Concerto pour Violon", 1928). Chaque tentative de couper des passages (comme certains l'ont fait) déséquilibre l'architecture du Concerto et le diminue de façon significative.

Le premier des trois mouvements du Concerto, Allegro un poco maestoso, a la forme d'une sonate avec une double exposition et une coda avec une longue cadence. Le premier thème évoque immédiatement les accents hongrois. L'ample ouverture tutti est modelée d'après le Concerto pour Piano N°3 en do mineur de Beethoven. L'écriture ample, fortement symphonique ne donne aucune indication sur le fait qu'il s'agit d'un concerto. A l'instar, Joachim abandonne complètement la traditionnelle grande entrée du soliste. Ainsi le violon rejoint les autres instruments, presqu'à la manière d'un partenaire de musique de chambre. Ils jouent les mélodies ici et là tout au long du mouvement, avec le soliste alternant voie principale et descente. Le style hautement ornementé de nombreuses mélodies de Joachim ont une certaine ressemblance avec les joueurs de violon tzigane. (Ayant quitté la Hongrie tout jeune, Joachim ne faisait pas la différence entre la musique des Tziganes résidant en Hongrie et la musique folklorique hongroise d'origine).

Joachim se défait de la tradition dans le développement du mouvement en réarrangeant la musique initiale et en ajoutant entièrement un nouveau thème. Cette partie est particulièrement imaginative dans l'utilisation des changements clés de tonalités et dans la variété des couleurs orchestrales. La récapitulation suit le cours de la mélodie d'ouverture tutti plutôt que celui du premier solo. Une nouvelle partie musicale nous présente le soliste jouant une série d'octaves chromatiques descendants que Joachim compare au hennissement du cheval. La cadence débute avec le soliste jouant seul une improvisation en contrepoint sur le thème de l'ouverture. Par la suite, une flûte et un hautbois le rejoignent successivement, permettant d'intégrer la cadence dans la structure du mouvement. Concluant le mouvement, avec un geste similaire à la cadence d'un passage du concerto de Beethoven, Joachim donne une nouvelle fois au soliste l'occasion de jouer des octaves chromatiques - cette fois avec une gamme descendante couvrant deux octaves et demi - qui conduit à la fin de la coda.

Le second mouvement (Romanze : Andante) est une forme tronquée de La Si La avec une coda. "Il y a tant de charme et de gentillesse dans cette Andante" écrit Brahms en 1858. "Le tout coule avec tant de tranquillité et chaque partie se développe de la précédente avec tant de beauté que c'est une véritable joie". Alors que la fin des deux premières phrases du thème principal sont typiquement hongroise, elles ne commencent pas avec le très typique 'claquement' de la double croche suivie de la croche pointée, mais avec une noire précédée d'une note d'ornement. La partie centrale très agitée contraste fortement avec les parties plus paisibles qui l'entourent. Pour revenir à la partie A, un violoncelle solo joue le premier thème en entier pendant que le violon solo joue des ornements élaborés. Ici Joachim démontre sa profonde dévotion à Bach avec une ornementation organique, mélodique et harmonique - et pas seulement décorative.

Le Finale alla zingara est un immense mouvement en rondo dont la structure est une coda de forme : La-Si-Do-La-Ré-La-Si-Do. L'ouverture avec l'appel du cor brise la fin tranquille du second mouvement. (De tels appels du cor sont un thème récurrent qui lie les trois mouvements). La partie A est dans un style de mouvement perpétuel qui fait usage de la "gamme tzigane" (mineure harmonique avec une quarte augmentée) et exige une extrême virtuosité de la part du soliste et de l'orchestre qui se renvoient les mélodies. D'autres parties orchestrales emploient divers rythmes de danse et de nombreux 'claquements' tandis que le soliste en double corde est tellement intense qu'il semble que Joachim ait introduit toute une bande de joueurs de violon dans une partie écrite pour un seul. Un nouveau thème introduit au début de la coda sonne triomphalement, et le concerto se précipite vers le trait final dans une explosion d'énergie. Ce mouvement inspira Brahms à écrire ses célèbres "Danses Hongroises" ( à l'origine pour piano à quatre mains), que Joachim a transcrit plus tard pour violon et piano.

Malgré leurs accents hongrois, les mélodies de Joachim sont vraiment originales; elles n'incluent aucun morceau traditionnel. Au lieu d'éclairer l'effet du concerto, elles réussissent à élever le style hongrois de ses humbles origines à une grande noblesse, infusant à la fois introspection et virilité.

Tout au long de leur amitié, Joachim fut inébranlable dans son soutien apporté aux compositions de Brahms. Il joua ses oeuvres de musique de chambre, en donna de nombreuses premières et dirigea ses symphonies. Joachim aimait particulièrement le Concerto pour Violon de Brahms. Il dit de l'œuvre, que Brahms lui dédia, qu'elle était d'une "haute valeur artistique" qui éveillait en lui "un intérêt particulièrement fort".

Brahms commença à composer son Concerto pour Violon durant l'été 1878, lors de vacances sur le lac Wörther à Pörtschach en Carinthie (Autriche). Le 22 août 1878, Brahms envoya le manuscrit de la partie pour violon à Joachim avec cette remarque :" Bien sur, j'aimerais que vous le corrigiez, sans ménager la qualité de la composition. Si vous pensez qu'il ne vaut pas la peine d'être orchestré, dites le. Je ne serai pas satisfait tant que vous ne m'aurez pas fait part de vos commentaires et peut être ajouté quelques remarques telles que passage difficile, bizarre ou impossible".Ce fut le début d'un des échanges musicaux les plus surprenant de l'histoire.

Avant que Joachim ne donne la première du Concerto à Leipzig le 1er janvier 1879, l'œuvre subit des changements considérables. Deux mouvements intermédiaires ont été retirés et remplacés par un Adagio fraîchement écrit, donnant le Concerto en trois mouvements que nous connaissons aujourd'hui. ( Les deux mouvements retirés sont aujourd'hui perdus. De nombreux auteurs pensent que le Scherzo fut converti en Allegro appassionato pour le Deuxième Concerto pour Piano.) La partition fit des allers retours au moins une demi douzaine de fois avant la première, et les débats des deux amis autour des modifications, qui sont parfaitement évidentes dans le manuscrit qui nous est parvenu, ont été perdus pour la postérité. Finalement, Brahms incorpora la plupart des changements orchestraux que Joachim suggéra, mais considérablement moins concernant les modifications à la partie de violon solo.

Le premier mouvement du Concerto de Brahms suit les deux exemples de Joachim et de Beethoven, en intégrant la partie solo dans l'écriture pour orchestre. Souvent le violon solo joue à contre-chant pendant que les autres instruments joue la mélodie principale. Brahms laissa la composition de la cadence à l'interprète. Joachim écrivit sa propre cadence, qui reste celle qui est jouée le plus souvent. Il apparait que Brahms prit part à sa création. Brahms écrivit à Elizabeth Von Herzozenberg à propos d'une représentation précédente : "la cadence sonnait si merveilleusement à ce concert que le public l'applaudit dès le début de la coda.

Le Concerto de Brahms est souvent décrit comme étant "masculin", dû pour une grande part à la robustesse du premier mouvement. Je suis toujours impressionnée par les inébranlables et majestueuses qualités de passages tels que le solo d'ouverture et les octaves rompus du développement. Si le Concerto de Beethoven capture la beauté de la Création de Dieu, le Concerto de Brahms en transmet la magnitude et la puissance.

Nombre de violonistes de la première génération confrontés à ce Concerto n'ont pas reconnu son intelligence. En évoquant le second mouvement, Sarasate un virtuose espagnol s'est plaint de devoir rester sur scène pendant que le hautbois joue la seule bonne mélodie de tout le morceau. Ce commentaire illustre bien la différence entre le concept mélodique direct de l'école franco-belge des virtuoses et le traitement plus complexe employé par Brahms et ses compatriotes musiciens. Simple dans sa structure, ce mouvement contient les musiques parmi les plus belles jamais écrites pour le violon.

Pour son troisième mouvement, Brahms tira son inspiration du Finale du Concerto "Hongrois" de Joachim. Ici la vitalité rythmique de Brahms et son exubérance mélodique évoquent la même atmosphère que les autres œuvres d'inspiration hongroise, mais sans reposer sur les tons ou sur la gamme tzigane. A la différence de la course en avant qui conclue le Concerto de Joachim, le poco piu presto de celui de Brahms sonne comme une marche, avec un tempo régulier, et implique même un léger retard dans les dernières mesures. Néanmoins les deux concertos se terminent sur des accords en ré majeur qui confèrent un sentiment de triomphe authentique et bien mérité.

Malgré l'accueil initial résolument mitigé, le Concerto pour Violon de Brahms est devenu une des œuvres les plus populaires et les plus chéries du répertoire. Par contre, le Concerto "Hongrois" de Joachim sera une réelle découverte pour de nombreux auditeurs modernes. J'espère que la prise de conscience de l'influence du Concerto de Joachim sur celui de Brahms apportera un éclairage nouveau sur ce dernier et que le chef d'œuvre de Joachim recevra un jour la reconnaissance dont il a joui autrefois.

A PROPOS DU VIOLON

Ce fut un grand privilège pour moi de jouer le "del Gesu" de Joseph Guarneri, daté de 1742, mentionné dans cet album sous le nom de "ex-Soldat", car l'instrument est intimement lié à ce répertoire.

En 1875, une très talentueuse jeune musicienne du nom de Marie Soldat (1863-1955) décida d'abandonner le violon pour développer ses talents au piano et au chant. Mais trois ans plus tard, en écoutant jouer Joseph Joachim à Graz, elle décida de retourner au violon et d'étudier avec lui.

Marie Soldat fut présentée à Brahms en 1879 à Pörtschach pendant une tournée d'été des stations thermales autrichiennes. Après l'avoir entendue joué, il mit sur pied un concert de charité pour l'aider à payer ses études. Brahms lui donna également l'argent du billet de train pour le rejoindre lui et Joachim à Salzbourg. Lorsqu'elle commença à jouer le Concerto de Mendelssohn accompagnée de Brahms au piano, les cordes de son violon cassèrent; Joachim lui tendit alors son Stradivarius, et son interprétation fut si impressionnante que Joachim l'admis dans son cours à la Hochschule für Musik de Berlin.

Soldat (plus tard Soldat-Roger) devint un membre intime du cercle de Brahms et une partenaire régulière de musique de chambre. Leur amitié s'est poursuivie tout au long de leur vie. Le pianiste et chef d'orchestre renommé Hans von Bülow la présenta un jour comme "la doublure de Brahms".

Soldat était largement considérée comme un des plus grands violonistes de son temps. Elle étudia le Concerto de Brahms avec Joachim et Brahms lui même, Concerto qui devint son oeuvre de référence. Elle le fit découvrir dans de nombreuses villes européennes, y compris à Vienne en 1885, avec Hans Richter dirigeant le Philharmonique. Elle l'interpréta une seconde fois à Berlin, dirigée par Joachim.

Brahms choisit ce violon pour Soldat en 1897 et s'arrangea pour qu'un homme d'affaires viennois l'achète et le lui prête toute sa vie durant. Le Strad nota, en 1910, "...[il] porte, de façon remarquable, toutes les caractéristiques que nous avons appris à associer à ce luthier. Le son est d'une extraordinaire beauté et convient admirablement au style viril de la violoniste.... Le son est plein et riche et particulièrement profond sur la corde de sol. Toutes les caractéristiques de l'instrument semblent respirer la vie et la force".

J'aime l'idée que Brahms ait choisi ce violon, en partie parce que sa voix représente le mieux ce qu'il prévoyait pour son Concerto. J'espère que vous aurez autant de plaisir à écouter le son de cet instrument extraordinaire que j'en ai éprouvé à le jouer.

A PROPOS DE RACHEL BARTON

Musicienne passionnée et dévouée, la violoniste américaine Rachel Barton est une source d'inspiration pour tous les auditeurs. Elle a reçu des acclamations dans le monde entier pour ses interprétations profondes et inspirées, jouées avec un enthousiasme et une intensité formidables, qu'elle applique à un répertoire extrêmement large.

Melle Barton s'est produite en soliste avec de nombreux ensembles prestigieux, parmi lesquels les Orchestres Symphoniques de Chicago,d'Atlanta, de St Louis, de Dallas, de Baltimore, de Montréal, de Vienne, de Nouvelle Zélande, d'Islande et de Budapest. Elle a travaillé étroitement avec des chefs d'orchestre célèbres tels que Zubin Mehta, Erich Leinsdorf, Neeme Järvi et Semyon Bychkov. Melle Barton participa à la Semaine Mozart au Festival de Salzbourg en janvier 2000 à l'invitation de Franz Welser-Möst et fît ses débuts au Festival de Salzbourg l'été 2001. Aux Etats Unis, elle se produit aux festivals de Ravinia et Grant Park. Elle participera au Marlboro Music Festival durant l'été 2003. Elle a collaboré étroitement avec Daniel Barenboïm, Christoph Eschenbach et Mark O'Connor et s'est produite avec le Pacifica String Quartet. En récitals, Melle Barton a joué dans les retransmissions en direct de l'intégrale des Caprices de Paganini et des six Sonates et Partitas de Bach.

Rachel Barton a remporté des Prix dans plusieurs concours internationaux prestigieux, et notamment une médaille d'or, en 1992, au Concours International de Violon J.S. Bach qui a lieu tous les quatre ans à Leipzig, Allemagne, faisant d'elle le premier et plus jeune interprète américain à recevoir cet honneur. Elle a reçu également de hautes récompenses dans les concours internationaux de violon Queen Elisabeth (Bruxelles, 1993), Kreisler (Vienne, 1992), Szigetti (Budapest, 1992) et de Montréal (1991), et également dans de nombreux concours nationaux et régionaux. Elle gagne en 1993 le Concours International de Violon Paganini à Gênes et le Concours Szigeti pour l'interprétation de l'intégrale des Caprices de Paganini.

En juin 1996, Rachel Barton porte la Flamme Olympique et apparaît, plus tard durant l'été, comme soliste avec les membres de l'Orchestre Symphonique d'Atlanta pour les cérémonies d'ouverture des Jeux Paralympiques au Stade Olympique Centenaire. Elle interprète avec une grande virtuosité son propre arrangement solo de l'hymne national aux matches de barrage des Chicago Bulls en 1995 et 1996, ainsi qu'à la Convention Nationale du Parti Démocrate en 1996 à Chicago. En 1996 également, le Chicago Magazine la nomme parmi les "personnalités de Chicago de l'année" et le Today's Chicago Woman Magazine parmi les "Femmes de l'année". Elle est présentée dans "les Dimanches matin de CBS" et apparaît deux fois à l'émission "Today". En février 2003, Rachel Barton est nommée "Artiste Classique de l'Année" aux 22ème Oscars de la musique de Chicago.

Melle Barton fait partie du conseil d'administration de l'Institut de Musique de Chicago où elle siège au Comité de la Pédagogie et des Programmes. Depuis 1997, elle enseigne au Stage de Violon Mark O'Connor, supervise les ensembles de musique de chambre, encadre des pupitres d'orchestres de jeunes et donne des cours magistraux. En marge de ses tournées, elle monte avec plaisir des programmes et des démonstrations pour les enfants et ajoute souvent des remarques orales et des commentaires avant ses concerts. Ses efforts pour atteindre une audience plus jeune lui font donner de fréquentes interviews et interprétations sur des stations de radio consacré à la musique rock.. Rachel Barton apparaît chaque année au Jerry Lewis Telethon, dans le cadre de ses concerts de charité.

Cet enregistrement est le cinquième de Melle Barton pour Cedille Records. Elle a également deux CD sous le label Dorian présentant respectivement des pièces pour violon et piano de Sarasate et Liszt ainsi qu'un disque avec Cacophony Records intitulé Storming the Citadel.

Pour en savoir plus sur Rachel Barton Pine, y compris des articles sur ses représentations et des informations sur ses prochaines activités, visitez son site Internet www.rachelbartonpine.com.

A PROPOS DE CARLOS KALMAR

Carlos Kalmar est Directeur de la Musique de l'Orchestre Symphonique d'Oregon et Chef d'Orchestre permanent du Grant Park Music Festival de Chicago. M. Kalmar est né en 1958 à Montevideo, Uruguay, de parents autrichiens. Il a étudié la direction d'orchestre avec Karl Österreicher au College de Musique de Vienne et a gagné le Premier Prix au Concours de Direction d'Orchestre Hans Swarowsky de Vienne en juin 1984. De 1987 à 1991, il est Chef d'Orchestre Principal de l'Orchestre Symphonique de Hambourg et de 1991 à 1995 Directeur Général de la Musique et Chef d'Orchestre Principal de l'Orchestre Philharmonique de Stuttgart. De 1996 à 2000, Carlos Kalmar est Directeur Général de la Musique de l'Opéra et de l'Orchestre Philharmonique de Dessau, Allemagne. En 2000, il est Chef d'Orchestre permanent au Niederosterreichisches Tonkünstlerorchester de Vienne.

Maestro Kalmar a dirigé avec beaucoup de succès de nombreux orchestres autrichiens, dont des apparitions régulières à l'Orchestre Symphonique ORF, à l'Orchestre Symphonique de Vienne, au Tonkünstlerorchester de Vienne et à l'Orchestre de Musique de Chambre de Vienne. Mr Kalmar a aussi dirigé en tant que Chef invité de nombreux orchestres partout en Europe et en Amérique : l'Orchestre Symphonique de Chicago, les Orchestres de Philadelphie et du Minnesota, les Orchestres Symphoniques de Seattle, Détroit, Oregon, Cincinnati, Indianapolis, Bamberg, l'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin, l'Orchestre National d'Espagne et l'Orchestre du Festival " Principalement Mozart " de New York. Il a également dirigé des opéras dans de nombreux Opéras d'Europe renommés comme l'Opéra d'Etat de Vienne, l'Opéra d'Etat de Hambourg, l'Opéra de Zurich, l'Opéra National de Bruxelles et le Volksoper de Vienne.

Carlos Kalmar a enregistré des CD avec l'Orchestre International des Jeunesses Musicales (Alban Gerhardt, violoncelle solo) et avec le Tontkünstlerorchester de Vienne. Cet enregistrement est le second pour Cedille Records. Dans les "Pièces Américaines pour Orgue et Orchestre" (Cedille Records CDR 90000 063), il dirige le Grant Park Orchestra ( avec David Schrader, orgue solo) dans des musiques de Samuel Barber, Walter Piston, Leo Sowerby et Michael Colgrass.

A PROPOS DU CHICAGO SYMPHONY ORCHESTRA

Créé il y a plus d'un siècle, le Chicago Symphony Orchestra figure parmi les orchestres les plus renommés du monde. En septembre 1991, Daniel Barenboim en devient le neuvième Directeur. C'est sous sa direction qu'aura lieu l'ouverture du Symphony Center de Chicago, et il va diriger des opéras en version pour concert hautement appréciés, des représentations acclamées avec l'Orchestre, en tant que pianiste et Chef, et plus d'une douzaine de tournées internationales.

Le Chicago Symphony Orchestra fut fondé en 1891 par Theodore Thomas, alors le plus important chef d'orchestre d'Amérique. Thomas fut directeur de la musique pendant treize ans jusqu'à sa mort en 1905, juste trois semaines après l'inauguration de l'Orchestra Hall, la salle permanente du Chicago Symphony Orchestra.

Frederick Stock lui succéda. Il commença sa carrière au pupitre d'alto en 1895 et devint chef d'orchestre adjoint quatre ans plus tard. Sa direction fut la plus longue des neufs directeurs, trente sept ans, de 1905 à 1942. Trois chefs remarquables lui ont succédé à ce poste lors de la décennie suivante : Désiré Defauw de 1943 à 1947; Arthur Rodzinski en 1947-1948; et Rafael Kubelik de 1950 à 1953. La direction fut occupée ensuite pendant 10 ans par Fritz Reiner dont les enregistrements avec l'Orchestre sont toujours considérés comme des interprétations de référence. C'est notamment Reiner qui invita Margaret Hillis à former le Chicago Symphony Chorus en 1957. De 1963 à 1968, c'est Jean Martinon qui fut à la tête de l'Orchestre.

Le huitième Directeur fut Sir Georg Solti de 1969 à 1991. Il gagna plus tard le titre de Lauréat de musique de chef d'orchestre, revenant diriger l'Orchestre plusieurs semaines chaque saison, jusqu'à sa mort en septembre 1997. L'arrivée de Solti à Chicago inaugura l'un des partenariats les plus couronnés de succès de notre époque. C'est sous sa direction qu'eut lieu la première tournée internationale de l'Orchestre. Les tournées suivantes en Europe, au Japon et en Australie confirmèrent la réputation de l'Orchestre et le placèrent parmi les premiers ensembles du monde.

En 1916, le Chicago Symphony Orchestra est le premier orchestre d'Amérique à enregistrer avec son chef d'orchestre permanent. Il a depuis réalisé plus de 900 enregistrements. Ses albums ont remporté 58 Grammy Awards - le nombre de récompenses le plus important jamais reçu par un orchestre. Il a notamment enregistré la symphonie N°5 d'Easley Blackwood pour Cedille Records sous la direction de James DePreist (Cedille Records CDR 90000 016, "Easley Blackwood : Symphonies N° 1 & 5").